C'est fini pour John Edwards !
Le challenger de Barack Obama et Hillary Clinton jette l'éponge. Retour sur un retrait par notre correspondante aux USA.
C'est depuis la Nouvelle-Orléans, en pleines festivités en amont de Mardi Gras, que John Edwards a annoncé hier la fin de sa campagne: "It's time for me to step aside so that history can blaze its path" (Il est temps pour moi de me retirer afin de laisser l'histoire éclairer son propre chemin).
Le 28 décembre 2006, John Edwards lançait sa campagne présidentielle dans une Nouvelle-Orléans dévastée par Katrina. Il y avait annoncé vouloir lutter contre la pauvreté, créer une couverture de santé universelle, limiter la dépendance énergétique des États-Unis, il y avait demandé aux américains: "to be patriotic for something other than war" (d'être patriotiques pour autre chose que la guerre), il avait tout du candidat JFK. En janvier 2008, c'est l'inédit qui l'emporte: le candidat démocrate sera femme ou sera noir.
Avant-hier encore le stratégiste politique Jonathan Prince, conseiller de campagne pour Edwards, expliquait [au Los Angeles Times] comment la candidature de John Edwards pouvait maintenir le suspens jusqu'à la Convention du parti démocrate qui se tient le 25 août prochain, c'est à dire encore 7 mois de suspens pour seulement 2 mois de campagne avant les élections générales face au candidat républicain en novembre. Les nominations se décident traditionnellement dès février, en particulier lors du Super Tuesday (le 5 février cette année) quand les primaires ont lieu dans 20 États parmi lesquels certains comptent un très grand nombre de délégués (New Jersey, New York, Illinois, Californie...). La stratégie de Prince prônée hier encore pour Edwards était de rafler quelques centaines de délégués pour bloquer toute possibilité d'obtention d'une majorité par l'un des deux favoris. Un tel nombre de délégués attribuait au 3ème candidat le rôle d'arbitre à la Convention de parti cet été.
La montée du républicain modéré, John McCain, vainqueur en Floride, l'un des États les plus riches en délégués républicains, a pu accélérer cette décision du candidat démocrate John Edwards. En effet, McCain a la particularité parmi les candidats républicains d'être en mesure de recueillir un certain nombre de votes du centre, un centre déçu par la présidence Bush et le parti républicain et dont le parti démocrate doit gagner la faveur pour remporter une victoire en Novembre 2008. Alors, si le parti démocrate souhaite gagner pleinement le pouvoir en Novembre 2008, Congrès et Présidence comprise, la véritable campagne présidentielle démocrate doit commencer le plus tôt possible avec un candidat investi et appuyé par son parti.
Le retrait de John Edwards vient ainsi à point nommé, juste avant le Super Tuesday. Sans son retrait, le parti démocrate pouvait craindre un long blocage et la poursuite des hostilités entre le camp Clinton (Bill et Hillary) et le camp Obama, jusqu'à la Convention, jusqu'à l'été. La pression du parti a pu ainsi jouer sur la décision de John Edwards de se retirer, notamment depuis lundi dernier quand son ami et grand patriarche démocrate, Edward M. Kennedy, Sénateur du Massachusetts (depuis 1962), a décidé d'apporter son soutien au candidat Barack Obama. Edwards a insisté sur cette logique de parti dans son discours de retrait: "Our democratic party will make history, we will be strong, we will be unified" (Notre parti démocrate écrira l'histoire, nous serons forts, nous serons unis") a-t-il dit lors de son discours de retrait hier. Son geste relèverait donc d'une stratégie de victoire de parti: "We will take back the White House in November" (Nous reprendrons la maison Blanche en Novembre).
Edwards n'a pas annoncé à qui il apporterait son soutien. "We do not know who will take the final steps to 1600 Pennsylvania Avenue" (Nous ne savons pas qui montera les marches du 1600 Pennsylvania Avenue, adresse de la Maison Blanche).
Super Tuesday sera Mardi Gras, mais pour qui ?
De notre correspondante aux USA, Helena Obolensky.
Et pour mémoire notre portrait de John Edwards.
Et le discours de retrait de John Edwards.
Le 28 décembre 2006, John Edwards lançait sa campagne présidentielle dans une Nouvelle-Orléans dévastée par Katrina. Il y avait annoncé vouloir lutter contre la pauvreté, créer une couverture de santé universelle, limiter la dépendance énergétique des États-Unis, il y avait demandé aux américains: "to be patriotic for something other than war" (d'être patriotiques pour autre chose que la guerre), il avait tout du candidat JFK. En janvier 2008, c'est l'inédit qui l'emporte: le candidat démocrate sera femme ou sera noir.
Avant-hier encore le stratégiste politique Jonathan Prince, conseiller de campagne pour Edwards, expliquait [au Los Angeles Times] comment la candidature de John Edwards pouvait maintenir le suspens jusqu'à la Convention du parti démocrate qui se tient le 25 août prochain, c'est à dire encore 7 mois de suspens pour seulement 2 mois de campagne avant les élections générales face au candidat républicain en novembre. Les nominations se décident traditionnellement dès février, en particulier lors du Super Tuesday (le 5 février cette année) quand les primaires ont lieu dans 20 États parmi lesquels certains comptent un très grand nombre de délégués (New Jersey, New York, Illinois, Californie...). La stratégie de Prince prônée hier encore pour Edwards était de rafler quelques centaines de délégués pour bloquer toute possibilité d'obtention d'une majorité par l'un des deux favoris. Un tel nombre de délégués attribuait au 3ème candidat le rôle d'arbitre à la Convention de parti cet été.
La montée du républicain modéré, John McCain, vainqueur en Floride, l'un des États les plus riches en délégués républicains, a pu accélérer cette décision du candidat démocrate John Edwards. En effet, McCain a la particularité parmi les candidats républicains d'être en mesure de recueillir un certain nombre de votes du centre, un centre déçu par la présidence Bush et le parti républicain et dont le parti démocrate doit gagner la faveur pour remporter une victoire en Novembre 2008. Alors, si le parti démocrate souhaite gagner pleinement le pouvoir en Novembre 2008, Congrès et Présidence comprise, la véritable campagne présidentielle démocrate doit commencer le plus tôt possible avec un candidat investi et appuyé par son parti.
Le retrait de John Edwards vient ainsi à point nommé, juste avant le Super Tuesday. Sans son retrait, le parti démocrate pouvait craindre un long blocage et la poursuite des hostilités entre le camp Clinton (Bill et Hillary) et le camp Obama, jusqu'à la Convention, jusqu'à l'été. La pression du parti a pu ainsi jouer sur la décision de John Edwards de se retirer, notamment depuis lundi dernier quand son ami et grand patriarche démocrate, Edward M. Kennedy, Sénateur du Massachusetts (depuis 1962), a décidé d'apporter son soutien au candidat Barack Obama. Edwards a insisté sur cette logique de parti dans son discours de retrait: "Our democratic party will make history, we will be strong, we will be unified" (Notre parti démocrate écrira l'histoire, nous serons forts, nous serons unis") a-t-il dit lors de son discours de retrait hier. Son geste relèverait donc d'une stratégie de victoire de parti: "We will take back the White House in November" (Nous reprendrons la maison Blanche en Novembre).
Edwards n'a pas annoncé à qui il apporterait son soutien. "We do not know who will take the final steps to 1600 Pennsylvania Avenue" (Nous ne savons pas qui montera les marches du 1600 Pennsylvania Avenue, adresse de la Maison Blanche).
Super Tuesday sera Mardi Gras, mais pour qui ?
De notre correspondante aux USA, Helena Obolensky.
Et pour mémoire notre portrait de John Edwards.
Et le discours de retrait de John Edwards.
3 vote(s)
jeudi 31 janvier 2008 dans Dossiers | Candidats démocrates, iPol US








175 commentaires





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.